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Pourquoi nous disons NON aux “Masters” payants et à PARCOURSUP

Contre argumentaire

samedi 7 avril 2018

Réponses et commentaires du collectif « Sauve ta fac 06 » aux arguments donnés par le président de l’UCA dans une interview officielle le mercredi 4 avril 2008 (https://www.youtube.com/watch?v=JkHTof48_-4)

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UCA : Depuis des années, il y a plus de 300 diplômes d’établissement (DE) payants à l’UNS qui rapportent plus de 3 M d’€.

STF06 : La plupart de ces DE sont des diplômes qui sanctionnent des enseignements courts et professionnalisants.
Ils correspondent en fait à des formations permettant d’acquérir ou approfondir des compétences professionnelles (et quelques fois culturelles).
Aucun de ces DE ne remplace de fait un diplôme national.

UCA : Les nouveaux masters sont nécessaires pour rendre l’université attractive.

STF06 : Est-ce à dire que les formations de l’UNS ne sont pas de bon niveau ?
Ce que la direction appelle attractif ne correspond pas à ce qui attire les étudiants classiques mais à ce qui attirerait éventuellement les étudiants étrangers payants. De toute façon, l’idée selon laquelle rendre payant des diplômes les rend attractifs n’est absolument pas prouvée (cf. les grandes écoles publiques type les écoles normales sup).

UCA : Un master national coûte 12.000 € par étudiant.

STF06 : Pourquoi inclure les coûts salariaux des Enseignants-Chercheurs (EC) fonctionnaires d’état !
Les masters ont effectivement un coût, et les impôts servent à financer l’enseignement supérieur public en France.

UCA : On a trouvé les moyens de faire ces nouveaux diplômes attractifs grâce à l’argent provenant de l’IDEX complété par les droits d’inscriptions à 4.000 euros.

STF06 : Premièrement, il n’y a aucune preuve que ces DE soient attractifs. L’attractivité ne se décrète pas, elle s’observe.
Ensuite, même s’ils l’étaient, comment justifier que les fonds additionnels apportés par l’IDEX entraînent finalement un surcoût pour l’étudiant. Etonnant non ?

UCA : Les frais de 4.000 euros seront modulés pour les étudiants français et européens en fonction des foyers fiscaux.

STF06 : Incroyable. Les familles des étudiants français vont donc payer deux fois leur formation : une fois par l’impôt national pour le salaire des EC et le budget de l’université, et une fois par leurs frais d’inscription.
D’autre part, on parle de 20 % de boursiers pour les DE payants, contre 32 % de boursiers actuellement en master (source : http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/77/3/NF_Boursiers_2016-2017_820773.pdf).
Enfin, c’est une vraie discrimination vis-à-à vis des étudiants non européens, qui sont souvent ceux qui ont le moins de moyens.

Justification des 4.000 euros

UCA argument 1 : la pédagogie innovante à un coût et il faut former les formateurs

STF06 : Les formateurs ne seraient donc pas des professionnels compétents ?
Prenons une exemple, le DE « Datascience ». Dans ce cas , les formateurs prévus sont les mêmes que ceux qui enseignent déjà dans le master national gratuit « Ingénierie mathématique » et ils n’ont suivi aucune formation supplémentaire.

UCA argument 2 : 6 mois de stage gratuit dans une université étrangère et ça, ça a un coût (sic)

STF06 : Pourquoi ne pas utiliser les programmes de stages ERASMUS, ils sont justement fait pour ça ?
Et à quoi sert alors l’argent de l’IDEX ? On veut attirer des étudiants étrangers et on leur explique qu’il faut payer pour aller faire un stage à … l’étranger.
Au niveau master, un stage en université étrangère présente peu d’intérêt. Un stage dans une entreprise étrangère pour avoir un boulot derrière, peut-être, mais dans ces cas-là les stages sont le plus souvent rémunérés.

UCA : Pas d’overlap avec les masters nationaux !

STF06 : Sauf quand qu’on force à fermer des Masters pour les remplacer par des DE payants.

UCA : DE payant : « Management pour l’industrie des parfums », c’est une nouvelle formation UCA/EDHEC, il faut donc bien la financer.

STF06 : Qu’y a-t-il à financer ? Vont-ils embaucher des enseignants ? Et à quoi sert l’argent de l’IDEX ?

UCA : DE payant BOOST et MARRES battaient de l’aile, n’étaient pas en voie d’accréditation, les directeurs des formations ont discuté avec UCA, et pour la survie de ces Masters, on les a transformés en DE UCA.

STF06 :
Concernant MARRES :
S’il y a eu un problème d’effectifs étudiants en début de maquette il y a 5 ans (après un énième remaniement de leur structure), le système avait gagné en clarté. Il avait atteint sa vitesse de croisière sur les trois dernières années. Il y avait plus d’une douzaine d’étudiants et même une bonne quinzaine cette année. L’effectif se maintenait en M2 pour la Biologie Marine, puisque le M2 attirait directement des étudiants.
Sur l’ensemble des deux années, on était par ailleurs à plus de 50% d’étudiants externes à l’UNS en Biologie Marine, ce qui démontre l’attractivité de cette formation.
Donc, ces deux dernières années, le Master Biologie Marine tournait bien et était attractif. Pourtant, la direction d’UCA a imposé arbitrairement le passage à MARRES pour fusionner de force avec une filière de l’école de commerce privée SKEMA qui était, elle, peu attractive.
Pour ce qui est de la langue des enseignements, les discussions étaient en cours pour obtenir une co-diplomation de la Biologie Marine avec la formation équivalente de l’Institut d’Océanographie de Gdansk, avec échange d’étudiants via ERASMUS. Celà a impliqué que les cours soient en anglais et, dans ce cadre, ça n’a gêné aucune instance ! Ce projet semble mort avec le passage à MARRES.

Concernant BOOST : Il y a réellement un problème d’effectif. Mais alors, en quoi le rendre payant le rendrait plus attractif ? On aurait pu très bien imaginer une réforme de la maquette sans que celà devienne payant.

UCA : Pour les étudiants de licence qui veulent suivre ces formations (devenues payantes) il est prévu un parcours typique avec des modules qui ne seront pas payants pour eux (sic).

STF06 : Cet argument ne tient pas : un master ne repose pas sur une ou deux UE. Les étudiants n’auront de fait pas la même formation que ceux qui pourront payer 8.000€ sur 2 ans.

UCA : DE payant Biobank, rappelons la chronologie. Ce DE existait à Lyon et était assuré par le professeur Hoffman. Ce diplôme a été rapatrié à Nice et coûte très cher avec 35 intervenants internationaux. C’est le seul diplôme de ce type-là en France.

STF06 : ce diplôme coûte effectivement cher mais pas à l’UCA qui ne veut pas le financer !
Et ce n’est pas le seul diplôme de ce type-là en France : il suffit d’aller consulter le site de l’université Claude Bernard Lyon 1 (http://offre-de-formations.univ-lyon1.fr/parcours-1239/management-des-biobanques.html).

Mais rappelons la chronologie.
Au départ Biobank est un DE de l’Université privée catholique de Lyon qui a ensuite obtenu l’accréditation de master national en collaboration avec l’UNS. Suite à un désaccord entre les deux établissements la formation a été transférée à Nice. Toutefois, contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, l’Université catholique de Lyon délivre toujours un master national Biobank, en collaboration avec l’Université Claude Bernard de Lyon.
Revenons à Nice. La formation transférée à Nice était au début un master national. Cette formation est ensuite passée à l’UCA et a alors été transformée en DE. Les participants, qui pensaient au début mettre en place un VRAI master gratuit, ont ensuite compris que Biobank serait un DE payant.

De plus, les enseignants de Biobank ont eu tout le mal du monde à obtenir de l’argent de l’UCA, alors même qu’ils pensaient obtenir de l’argent grâce à l’IDEX. Il a été expliqué aux intervenants qu’ils devaient s’autofinancer. Après d’âpres négociations, ils ont pu obtenir 50.000 euros pour les 2 ans à venir, sachant qu’ils n’auront plus rien de l’UCA pour les années suivantes. Les intervenants mettent en place de leur propre chef des contrats d’apprentissages pour certains étudiants et tentent de développer l’alternance. Mais l’UCA n’est pas favorable à cette démarche car elle n’attire pas les étudiants étrangers.

UCA : 90% des étudiants inscrits à ces DE internationaux sont des étrangers, essentiellement des Indiens.

STF06 : Information impossible à vérifier. Il y a encore deux semaines les responsables des DE n’avaient pas accès à la liste des inscrits.

UCA : Parcoursup offre une solution contre les amphis surchargés.

STF06 : Si Parcoursup permet de diminuer le nombre d’étudiants dans les amphis c’est qu’il s’agit bien d’une sélection et non pas d’un accompagnement (voir ci-dessous).
Si on ne veut plus d’amphis surchargés pourquoi n’augmente-t-on pas le nombre d’enseignants ?

UCA : Avec le « oui si » on peut aider un étudiant à acquérir des connaissances.

STF06 : Oui, s’il est mis en place correctement avec les moyens conséquents, ce qui n’est le cas.
Quand on demande aux EC de l’UNS ce qui se passe pour le « oui, si », c’est la confusion la plus totale. Selon le département, les EC ont entendu : pas d’argent pour les « oui, si » ; un « oui, si » avec une licence en 4 ans ; un « oui » pour tous avec obligation de classement sinon le logiciel ne pourra pas fonctionner… Les informations recueillies par une collègue à la CFVU indiquent que la plupart des UFR auraient dans un premier temps répondu en proposant du tutorat en plus pour les étudiants en « oui, si », sauf l’UFR STAPS qui a proposé un parcours en 4 ans où ils accompagneraient les étudiants sur les UE les plus difficiles en 1re année, avant de leur faire suivre l’année suivante les autres UE de L1.
Compte tenu de l’absence de financement, la CFVU a proposé aux UFR qui demandaient de faire du tutorat en plus des heures de cours, de faire des propositions moins coûteuses sur le modèle de celui proposé par STAPS : licence en 4 ans et possibilité d’avoir des petits groupes en 1re année pour les « oui si ». Cette proposition ne semble pas avoir été transférée à tous les enseignants.

UCA : On nous fait des procès d’intention.

STF06 : Faux, nous jugeons les actes. La création de masters payants dans une université publique est un fait. La disparition de l’UNS dans l’UCA aussi. L’opacité de la politique de l’UCA, en opposition avec la démocratie universitaire en est un autre. Il y a donc bien un agenda caché.
On nous accusait déjà de procès d’intention lors du passage à la LRU lorsqu’on disait que des formations payantes de type Masters allaient être mises en place.