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Révolution permanente

Facs bloquées, multiplication des AG massives : vers une mobilisation d’ampleur sur les Universités ?

jeudi 29 mars 2018


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Une dizaine d’universités bloquées, des Assemblées générales massives, avec des taux de participation qui ont doublé dans certaines fac, comme à Paris 1 et Nancy, la situation sur les universités est de plus en plus électrique !

Si jusqu’à présent la mobilisation contre la loi ORE qui instaure la sélection à l’Université avait du mal à prendre nationalement, il semblerait que nous soyons aujourd’hui face à un tournant. Depuis le 22 mars, première date de convergence, marquée par l’agression des étudiants montpelliérains par une milice fasciste, introduite à la fac de droit par le doyen Philippe Pétel, les Assemblées Générales réunissent toujours plus d’étudiants. A Nancy, les dernières Assemblées Générales ont réuni 1 000 étudiants, et la fac est bloquée depuis jeudi dernier ! A Paris 1, ils étaient 1 200 en Assemblée Générale ce matin et ont reconduit l’occupation et le blocage jusqu’au 3 avril, prochaine date de mobilisation nationale, qui signe le début de la grève cheminote. Deux universités qui étaient pourtant jusqu’à présent peu mobilisées. On compte un peu plus d’un milliers d’étudiants en Assemblée Générale à Nantes et Bordeaux. Les facs de Strasbourg, Rouen, Caen, Poitiers, réunissent quant à elles plusieurs centaines d’étudiants et sont toutes bloquées – blocage partiel pour Poitiers. En tout, une douzaine d’universités sont bloquées !

Le Mirail, qui a été pendant une période la pointe avancée de la mobilisation étudiante, poussant le gouvernement à sa mise sous tutelle, est toujours aussi mobilisé, la grève et le blocage ont été à nouveau reconduits ce matin en Assemblée Générale ! A Montpellier, depuis l’agression fasciste commanditée par Philippe Pétel, la dynamique est impressionnante. 2500 en Assemblée Générale, 600 en comité de mobilisation, une politique envers les autres facultés de Montpellier et les lycées pour les aider à mobiliser et à massifier, ainsi qu’une politique de convergence avec les autres secteurs en lutte, notamment les cheminots, avec comme perspective de mettre prochainement en place des Assemblées Générales interprofessionnelles à l’échelle de la ville.

Le gouvernement a voulu tuer dans l’œuf la contestation naissante via la répression... il a récolté l’effet inverse !

Face à la colère et à l’opposition à la loi ORE qui commençaient à s’exprimer dans certaines universités, le gouvernement a tenté de tuer dans l’œuf la contestation et toute possibilité qu’une quelconque mobilisation émerge dans le mouvement étudiant. Pour ça, ce dernier a choisi l’option répressive. Ainsi, le gouvernement n’a pas hésité a envoyer, à Dijon, Strasbourg, Lille ou encore Bordeaux, les forces de répression pour réprimer violemment les étudiants. Au Mirail, alors que la fac était bloquée depuis plus de deux semaines, c’est un véritable coup d’Etat que le gouvernement a effectué, mettant l’université sous tutelle, dissolvant dés lors tous les conseils centraux et envoyant un administrateur provisoire, monsieur Richard Laganier. A une répression policière s’ajoute dés lors une répression administrative, qui s’est également exprimée dans d’autres facs, notamment à Paris 1, avec des locks out (fermetures administratives) organisés par la présidence de l’Université les journées de mobilisation nationale pour éviter la tenue de toute Assemblée Générale.

Grâce à cette répression, le gouvernement a cru pouvoir intimider et décourager les étudiants qui s’organisaient pour lutter contre la sélection et pour leur droit d’étudier. Ce fut l’effet inverse.. En effet face à cette répression, notamment autour du risque d’intervention policière au Mirail lors de sa mise sous tutelle, une vague de solidarité s’est immédiatement déclenchée, avec des communiqués, des messages de soutien, une manifestation spontanée.. Des réactions exemplaires pour un mouvement étudiant qui a déjà fait une expérience très forte de la répression lors du printemps 2016.

Une vague de solidarité qui s’est renforcée avec les violences qu’ont subi les étudiants de Montpellier. En effet cette agression a totalement radicalisé la situation et les coordonnées sur les facs. Celle-ci a ouverte une crise importante, démontrant que le gouvernement, ainsi que ses relais locaux, sont prêt à tout pour étouffer et faire taire tous ceux qui s’opposent à leurs politiques. Le fait qu’un doyen d’université, faute de pouvoir envoyer les flics, envoie une véritable milice fasciste pour tabasser les étudiants mobilisés, qu’un président d’université, Daniel Lacroix, trahisse à deux reprises ses promesses et bafoue tout principe de démocratie universitaire, démontre la nature des institutions universitaires, à savoir le fait qu’elles ne vont absolument pas dans les intérêts des étudiants, dialoguant dés lors avec le sentiment de malaise que les étudiants ressentent à l’Université. Un malaise vis à vis d’institutions défaillantes, en crise, avec des manques de moyens, des instances universitaires antidémocratiques - avec des conseils où les étudiants et les BIATSS sont minoritaires face aux enseignants-chercheurs et aux personnalités extérieures - qui sont juste là pour appliquer la politique du gouvernement... Et c’est cette délégitimation des instances universitaires qui explique également la colère qui s’exprime aujourd’hui dans les universités, à travers notamment une revendication reprise dans de nombreuses Assemblées Générales, à savoir la démission de tous les présidents d’Université.

… Vers une mobilisation d’ampleur ?

Compte tenu des coordonnées énoncées précédemment, et de la capacité explosive du mouvement étudiant, une mobilisation d’ampleur sur les universités est aujourd’hui un scénario possible. Cependant, si de réelles brèches s’ouvrent, la fenêtre de tir est étroite. Niveau calendrier, la situation n’est en effet pas des plus avantageuses, avec l’arrivée des partiels et des vacances. On se retrouve dés lors dans une course contre la montre pour massifier, se coordonner nationalement, à travers notamment les CNE, coordinations nationales étudiantes, afin qu’une mobilisation nationale d’ampleur prenne réellement. Un rapport de force national, mais également inter-professionel, avec les autres secteurs en lutte, est nécessaire pour faire reculer le gouvernement.

En ce sens, des initiatives pour construire une réelle convergence entre les différents secteurs en lutte commencent à être mises en place dans certaines universités. Le 3, jour de mobilisation nationale et début de la grève des cheminots est une échéance largement construite sur les universités. Au Mirail, un meeting de convergence avec les différents secteurs en lutte à l’échelle de la ville est organisé le 10 avril. A Montpellier, les étudiants essayent d’organiser des Assemblées Générales inter-professionnelles à l’échelle de la ville. A Paris 1, des cheminots sont venus apporter leur soutien aux étudiants qui occupent. Autant d’initiatives à multiplier pour construire un réel rapport de force à même de faire reculer le gouvernement !