Bannière

Accueil > Communiqués de presse > La gouvernance à la Tric ?

SNASUB-FSU Académie de Nice

La gouvernance à la Tric ?

jeudi 24 mai 2018

Le SNASUB-FSU Académie de Nice
à
Monsieur Tric, président de l’Université de Nice Sophia-Antipolis,

DIALOGUE OU MONOLOGUE SOCIAL ?

Vous mentionnez dans votre mail de ce mardi 22 mai matin votre volonté d’ouverture au dialogue. Or en même temps vous refusez le jour même le report du Comité Technique contre la demande de l’ensemble des organisations syndicales du fait de la mobilisation nationale des fonctionnaires prévue depuis fin mars. Vous tenez séance sans aucun représentant et « validez » au conseil d’administration de l’après-midi différents dossiers dont le contrat de site, sans consulter le CT.

Vous devenez coutumier du fait. La mise en place du RIFSEEP que vous annoncez comme consensuel de toute part avec de jolis diaporamas, en est un exemple. Les conclusions des différentes réunions menées, tant pour celles dites d’experts que celles dites de dialogue social, n’ont pas été respectées. Votre déclinaison locale du RIFSEEP s’est vue opposée un rejet par 2 fois unanimes du Comité Technique.

Cela ne vous empêche pas de mettre en avant l’avis de ce Comité Technique pour valider vos décisions quand cela vous est favorable, ou à minima, s’il n’y a pas eu de rejet unanime. Par contre dans le cas contraire, vous insistez sur le fait qu’il s’agit d’une simple commission consultative, non décisionnelle. Finalement, le CT est devenu une simple chambre d’enregistrement qui sert à colorer votre politique d’une teinte démocratique bien pâle.
Ne vous étonnez donc pas que pour nous faire entendre en tant que représentants du personnel, nous soyons obligés d’organiser des assemblées générales, d’alerter par mail ou tracts l’état des lieux sur les projets en cours, et d’essayer de nous faire entendre aux CA ou boycotter quelques CT ( tout en siégeant au suivant pour rester au minimum informé même si on n’est pas écouté ).

Il faut revoir votre méthode si vous souhaitez que l’université se dote d’un véritable dialogue social, apaisé et ouvert à toute la communauté et non à un cercle restreint de décisionnaires, une sorte d’aristocratie ( étymologiquement si proche de la notion de « méritocratie » mise en avant par votre équipe ), que votre liste « Avenir » semble recouvrir du terme de « Collégialité ».

UN REFERENDUM ... UNIQUEMENT SI LA GOUVERNANCE GAGNE

Toujours dans ce même registre, vous avez participé en avril dernier à un vote lors d’une assemblée générale sur le choix d’un référendum concernant votre projet d’université. En effet, votre projet politique n’a jamais été mentionné dans le programme de la liste « Avenir », à savoir la disparition, fusion ou autre fermeture d’UNS au profit d’UCA, qui devait rester une CoMUE et non une université ou un établissement à part entière. C’est la même remarque pour le remplacement de masters à 256€/an par des diplômes d’établissement à 4000€/an avec possibilité d’équivalence vers un véritable titre de master. Vous avez participé et voté contre ce référendum, mais le résultat du vote a été majoritairement pour sa tenue. Vous refusez de le mettre en place. Pourtant si la communauté réponds positivement en votre faveur, aucune contestation ne serait recevable et, au contraire même, vous pourriez utiliser ce résultat pour conforter votre projet.

Là encore, les faits montrent que vous refusez de jouer la carte démocratique sur un projet controversé, car non affiché lors des élections des conseils centraux.

Que cela cache t-il ? Est-ce du mépris, de la moquerie ? Pensez-vous que l’usage des artifices de communication suffisent pour faire passer toutes vos réformes, mêmes celles contraires à l’intérêt général ? Où bien tout simplement, seriez-vous un des instruments du projet de « libéralisation » de l’enseignement supérieur, comme conseillé par Mr Robert Gary-Bobo ?

ÉTEINDRE LE FEU AVEC UNE LOUPE ET DE L’HUILE

Vous prétendez chercher l’apaisement. Or vos différentes déclarations, internes ou médiatiques au sujet de l’intervention des étudiants au château de Valrose, déforment et surinterprètent les événements de mercredi dernier. C’est regrettable. À vous lire ou vous entendre, nous pourrions être tentés de vous croire plus facilement, car investi de l’autorité, et condamner unilatéralement ces actions surtout quand un agent se retrouverait avec 8 jours d’Interruption Temporaire de Travail ( ITT ) à la suite d’une « envolée de chaise de 15Kg ». Les vidéos postées sur le WEB tempèrent grandement les faits et même montrent que la violence vient de l’autre bord, qu’accentue une menace de mort bien malheureuse.
Durant toute la matinée de hier, plusieurs d’entre-nous ont eu le bonheur de voir le collègue contractuel au traumatisme crânien et entorse cervicale, sur son lieu de travail aux grilles de Valrose, sans pansement ni minerve et apparemment en bonne santé. Pourquoi laisser un agent si traumatisé s’exposer aux étudiants ? C’est incohérent. Sauf si on s’informe des méthodes de communication appliquées nationalement, comme dernièrement sur Nantes ( Lien Hypertexte censuré par la direction ). On y retrouve les mêmes ficelles qui amplifient et déforment certains faits qui dans un autre contexte seraient restés au stade d’incidents mineurs, voir inaperçus. Vu que cette méthode s’applique dans d’autres universités, on peut raisonnablement s’interroger si ce genre de « communication » ne serait pas orchestré au niveau ministériel.

Heureusement que pour nous, personnel plusieurs fois mobilisé contre votre politique, nous n’avions pas rencontré une telle résistance lors de nos différentes montées au château afin de pouvoir exprimer nos revendications jusqu’alors ignorées et étouffées dans les conseils. Ne serions nous pas devenus d’horribles « sauvageons » face aux empoignades d’un membre de la direction contre le personnel ou les étudiants, le 14 mars dernier ?

En tout cas, la question se pose sur les ordres donnés pour exposer les collègues de la logistique à un mouvement de foule alors qu’ils ne sont pas formés pour ce genre d’intervention. Ce ne sont pas des agents du maintien de l’ordre comme les policiers. Ces collègues se retrouvent en position délicate, voir en porte-à-faux entre leur hiérarchie et leur fiche de poste, surtout quand on a affaire à des agents contractuels fragilisés de par leur statut précaire, statut appelé par le gouvernement à remplacer celui du fonctionnaire. Cette négligence et ce dysfonctionnement de la part de la direction doivent être portés au CHS-CT.

Monsieur le président, avec ce genre de procédé, vous risquez de ne plus être crédible, ni vous ni votre gouvernance en général qui relaient et déforment les faits et s’appuient sur la précarité.

++ RESTONS POSITIFS DANS L’ESPOIR ++

À défaut de démission, vous devriez plutôt faire confiance à la communauté que vous présidez. Les fonctionnaires, qui coûteraient si chers selon l’ancienne présidente lors de ses différentes AG, au point de vouloir les remplacer par des contractuels, ne demandent qu’une chose, venir au travail non pas pour être psychologiquement bousculés voir maltraités, mais pour avoir le plaisir de participer à un véritable service publique, ouvert à tous et pour le bien de tous, et non d’une minorité « méritocratique », et finalement retrouver un peu de reconnaissance, au minimum de la part de sa hiérarchie afin de raviver la flamme d’une motivation vacillante.

Veuillez agréer, Monsieur le président, nos sincères salutations

SNASUB-FSU
Académie de Nice
En soutien au collectif SauveTaFac06 www.sauvetafac06.site/