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Parcoursup : 95 % des licences seront en tension et donc sélectives « dans un premier temps » (Unef)

mardi 13 mars 2018

« 95 % des filières vont être amenées dans un premier temps à sélectionner les bachelier.e.s et les étudiant.e.s faute de capacités d’accueil suffisantes » puis 34 %, évalue l’Unef dans un dossier de presse du 13 mars 2018. En Île-de-France, 67 % des licences seront sélectives, selon le syndicat étudiant, où la situation est la plus tendue avec l’académie de Lyon. À l’issue de la procédure, 297 889 candidats n’auront pas obtenu leur « vœu préférentiel », c’est-à-dire la formation qu’ils souhaitent vraiment mais ne peuvent classer en premier choix faute de hiérarchisation des vœux. « Plus de 110 filières demandent à ce que les candidat·e·s aient obtenu un baccalauréat général », relève aussi l’Unef qui reprend par ailleurs des données de l’OVE sur la discrimination des jeunes dans l’enseignement supérieur.

« La mise en place de la loi ’Orientation et réussite des étudiants’ et de la plateforme Parcoursup va se traduire dans un premier temps par une tension importante à l’entrée de la quasi-totalité des filières, les obligeant à classer les candidat.e.s » : 95 % de licences sélectives, c’est le taux que calcule l’Unef (voir encadré sur la méthode). Cette tension « artificielle dans les premières semaines, va décourager les jeunes de poursuivre les études de leur choix » et placer « en attente » de nombreux candidats. Pour l’Unef, cette situation, « créatrice d’un stress important » va pousser les candidats « à s’inscrire dans la première formation dans laquelle ils/elles seront accepté⋅e⋅s, que celle-ci corresponde à leur choix réel ou non ».

Une conséquence directe du manque de places dans l’enseignement supérieur pour l’Unef alors que 19 000 places sont créées (lire sur AEF) sur les 22 000 annoncées pour la rentrée 2018 (lire sur AEF). La répartition des 3 000 places restantes sera décidée en tenant compte de la pression sur les différentes filières.

297 889 CANDIDATS SERONT SANS PLACE

À la fin de la procédure Parcoursup, l’Unef estime que 297 889 candidats seront sans place « dans leur vœu préférentiel » à la rentrée et que 34 % des filières seront sélectives. Cette proportion devrait attendre 72 % en Staps, 60 % en droit, 58 % en psychologue, 53 % en éco-gestion, 47 % en sciences de la vie, évalue l’Unef. Par ailleurs, deux territoires seront « particulièrement tendus » du fait des « inégalités territoriales » : 67 % des licences universitaires d’Île-de-France seront sélectives où ce taux est donc deux fois plus élevé que la moyenne nationale et 45 % à Lyon. « Cela va se traduire concrètement par de la mobilité géographique imposée », anticipe l’Unef.

Le nombre de candidats sans places dépend aussi des délais « extrêmement restreints » de réponse prévus par la procédure Parcoursup (lire sur AEF). Ces délais très serrés encouragent aussi une « orientation subie » par peur sans place au cours de la procédure. L’Unef critique aussi l’utilisation de Parcoursup comme « moyen de dissuasion » : « plus de 110 filières demandent que les candidat⋅e⋅s aient obtenu le baccalauréat général ». Et ce alors que 22 % des étudiants estiment avoir été victimes de discriminations dans l’ESR, selon des données de l’OVE, et que 17 % des différences de traitement déclarées dans l’enseignement supérieur par les étudiants s’expliquent par les origines ou la nationalité, d’après des données du Défenseur des droits. L’Unef juge d’ailleurs nécessaire de produire davantage de statistiques

La méthode de l’Unef

L’Unef s’appuie « exclusivement » sur les chiffres du MESRI, recensés sur Parcoursup, les capacités d’accueil de cette année, et le nombre de vœux exprimés en 2017. « Nous avons calculé le nombre de formations qui refuseraient les vœux préférentiels des candidat⋅e⋅s. Nous avons mis en parallèle le vœu préférentiel fait par chaque étudiant, et le nombre moyen de vœux réalisé∙e∙s par les bachelier∙e∙s et les étudiant∙e∙s en réorientation » (environ 7,4 vœux par candidat).

« Ces chiffres sont d’autant plus parlants qu’ils ne prennent pas en compte l’augmentation du nombre de bachelier∙e∙s amené∙e∙s à rejoindre, cette année, l’enseignement supérieur », prévient aussi l’Unef qui estime donc que la sélection sera plus forte que ce que ses calculs prévoient.