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Communiqué de presse

Passage en force pour imposer les Masters payants : la démocratie bafouée à UNS/UCA

mercredi 9 mai 2018

Dans le conflit qui oppose la direction d’Air France et ses salariés, le PDG Jean-Marc Janaillac a proposé un référendum de sortie de crise en mettant sa position en jeu. SauveTaFac06, un collectif qui regroupe des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche, des étudiants et une association de parents d’élèves, constate avec effarement que même dans les groupes privés, la démocratie semble moins moribonde qu’à Université Côte d’Azur (UCA). Cet établissement, qui rassemble opportunément l’Université Nice Sophia-Antipolis (UNS) avec d’autres établissements publics comme privés, a allègrement piétiné les principes de la démocratie pour faire passer en force son projet de diplômes à 4000€.

Pour un diplôme national de master, un étudiant paye 256€ par an en frais d’inscription. À Nice, où la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR) Frédérique Vidal était présidente, on expérimente : 11 « diplômes d’établissement » à 4000€ l’année, qui proposent une équivalence de master national pour 1000€ de frais supplémentaires. Parmi ces 11 formations, 3 viennent remplacer des masters qui existent déjà. Plus de 1500% d’inflation !

Tout au long de son combat contre une décision qui ne reflète qu’un début de privatisation de l’université, SauveTaFac06 a constaté le mépris des instances dirigeantes de l’UNS et d’UCA pour le processus démocratique. Il a fallu attendre un mois de mobilisation pour que la gouvernance d’UCA daigne mettre à l’ordre du jour de son Conseil académique la question des diplômes payants, en recevant une délégation de SauveTaFac06. Et quelle réception ! M. Gambaudo (président de UCA) et M. Ngô Maï (Vice-président délégué à la stratégie de l’UNS), tous deux en retard, n’ont rien entendu de nos arguments. Et s’ils voulaient les lire à tête reposée, impossible : la présidente du Conseil académique d’UCA a refusé que notre déclaration soit consignée au procès verbal.

Trois semaines plus tard, le 18 avril, voyant que la mobilisation se poursuit, les instances dirigeantes d’UCA et de l’UNS prennent part à une Assemblée Générale des personnels. Une motion demandant une consultation des BIATSS, enseignants-chercheurs et chercheurs de l’UNS au sujet des « Masters » payants est alors soumise au vote. Ils y participent. C’est leur bon droit. La motion est votée à une large majorité. Alors pourquoi refusent-ils, le 4 mai, de mettre en place cette consultation ? Une délégation de SauveTaFac06 a été reçue à ce sujet par les dirigeants d’UCA et de l’UNS, qui ont rétorqué que nous n’avions « aucune légitimité ».

Nous ne sommes pourtant pas les seuls à trouver ces masters inacceptables. Le Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de le Recherche (CNESER), qui représente l’ensemble de la communauté universitaire française, a naturellement rejeté le projet le 14 février dernier pour deux raisons :

  • La transformation de diplômes nationaux de Master en diplômes d’établissement aux frais d’inscription exorbitants.
  • Le contournement de l’esprit de la loi, par la délivrance systématique d’équivalences à des diplômes nationaux via la procédure Validation des Etudes Supérieures (VES).

L’avis du CNESER n’étant que consultatif, il a été jeté à la corbeille par la direction d’UCA.

Le combat que nous menons ne se limite pas à l’Université de Nice-Sophia Antipolis. La ministre de l’ESR Frédérique Vidal a fait de son ancienne université un laboratoire pour expérimenter ses réformes. Mais ce qui vaut pour Nice aujourd’hui pourra très bien s’appliquer aux autres universités aux prochaines rentrées.