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Toulouse. La manifestation contre la fusion des universités dégénère : des étudiants gazés

mardi 20 février 2018


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Ce lundi 19 février 2018, devant le rectorat de Toulouse, les échanges étaient tendus entre les opposants au projet de fusion des universités et les forces de l’ordre.

De ce lundi 19 février 2018, l’on retiendra une date clé du mouvement de contestation du projet de fusion des universités de Toulouse. Au rectorat de Toulouse, quelques opposants et une dizaine de soutiens au projet de fusion des Universités (Uniti 2018*) étaient appelés à s’exprimer devant le jury international de l’Idex (Initiative d’Excellence) à 15h20. L’événement est d’autant plus important qu’il s’agissait du processus d’audition qui précède le verdict du jury, qui aura lieu au mois de mars.

L’audition perturbée

Étudiants, personnel administratif et professeurs avaient coché la croix sur leur calendrier. Après la manifestation de jeudi 15 février 2018, et l’intervention de François Ruffin au Mirail, les opposants au projet de fusion souhaitait de nouveau marquer le coup. À 14h30, ils sont près de 200, devant les grilles du rectorat, à apporter leur soutien à leurs représentants élus, opposés au projet. Entre leurs mains, des pancartes : « nous n’adhérons pas à votre projet ». Hervé Petit, représentant du personnel FSU de l’université Jean Jaurès, explique l’importance de leur action :

« Nous sommes venus soutenir nos représentants puisque le jury Idex a sélectionné un certain nombre d’élus des conseils centraux de l’université Toulouse Jean Jaurès. Nos élus vont dire leur opposition, en s’appuyant sur un argumentaire de trois pages. Nous sommes là pour les soutenir. »

Objectif de la manoeuvre : se faire entendre auprès du jury international, pour faire basculer la décision. Sur place, la démonstration se veut bruyante : les manifestants usent de sifflets, de casseroles et de mégaphones pour influencer au maximum l’audition. Sur place, les forces de l’ordre sont venues en nombre.

Echanges tendus

À 15h, l’action prend une nouvelle ampleur. Plus de 200 étudiants en provenance de l’Université de Toulouse Jean Jaurès, se joignent aux troupes, tambours en main. Le cortège se troupe devant les grilles du rectorat. Robin Cantaloube, militant à l’UET (Union des étudiants de Toulouse), justifie le soutien.
« Nous sommes venus rappeler au jury international que l’UT2J s’est prononcé au mois de décembre contre le projet de fusion. Le jury n’a pas notre adhésion de notre établissement vis-à-vis de ce projet. Nous leur demandons d’en prendre acte. »

Quelques instruments à vent donnent le ton : le rassemblement prend des allures de fête. De la foule s’échappent quelques rouleaux de papiers toilette en direction des forces de l’ordre, des confettis, parfois quelques pétards. Pas une prise de parole : on laisse parler la musique. Aux fenêtres du rectorat, on s’interroge, on en rigole.

Gaz lacrimogène

Les manifestants font le tour de la bâtisse. S’engage un véritable jeu de chat et de souris : au premier étage, une lumière, des personnes réunies en cercle, les opposants dénichent la salle où a lieu l’audition. Sur la vitre, ils lancent de la terre, de la farine, des oeufs, des pétards. Un étudiant parvient à se hisser à la fenêtre. Le jury se lève de sa chaise et s’interroge. L’audition est déplacée plus loin.

Avant un retour devant les grilles du rectorat : ouvertes. Il est 16h, et les manifestants tentent de passer. Les forces de l’ordre projettent du gaz lacrymogène pour faire reculer la foule. Les opposants protestent et condamnent le geste.

Le calme ne revient qu’à 16h30 : la foule quitte le rectorat. Mais déjà, les opposants au projet de fusion prévoient d’autres actions. Vendredi 23 février, syndiqués, membres du personnel et étudiants prévoient une manifestation durant le comité d’administration de la Comue (ancienne université fédérale de Toulouse), à Labège, où se tiendra un débriefing du jury Idex. En attendant des mouvements nationaux de manifestation après les vacances, prévus le jeudi 15 mars 2018 et le jeudi 22 mars 2018.

*Le projet consiste en un « rapprochement » (selon les termes de l’Université fédérale de Toulouse), prévu pour 2019, entre les universités Jean-Jaurès et Paul-Sabatier, l’Institut national polytechnique de Toulouse (INP) et l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (Insa). Pour obtenir ce label, l’université fédérale de Toulouse tente d’effectuer ce « rapprochement » entre les différents sites universitaires et les grandes écoles de la ville.